SEINE AVAL

Etendue sur 600 ha, l’usine Seine Aval occupe les terrains de différentes municipalités : Achères, Maisons-Laffitte et Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).

L'usine est riveraine de 8 communes sur les Yvelines et sur le Val d'Oise : Acheres, Conflans St Honorine, Maison-Laffite, St Germain-en-Laye, Herblay-sur-Seine, La Frette-sur-Seine, Montigny-les-Cormeilles et Cormeilles-en-Parisis.

Mise en service en 1940, elle transporte, dépollue, traite et recycle aujourd’hui 60% à 70% des eaux usées de l’agglomération parisienne.

L'usine s'est agrandie au fil des années, à travers 4 tranches de travaux successifs (Acheres I, II, III, et IV) pour accroitre sa capacité de traitement des eaux usées.

Mais la cinquième tranche de travaux, Acheres V, a marqué l’arrêt de son extension. "Le tout Acheres" a été abandonné, en reportant les nouveaux besoins capacitaires de traitement des eaux usées sur d'autres usines du Siapp en amont de Seine Aval.

Au cours des 10 dernières années, afin d’améliorer la qualité du traitement des eaux usées, une nouvelle refonte de Seine aval a été lancée, et passe notamment par une épuration des eaux et une valorisation des boues totalement repensées.

Juillet 2012 : début des travaux du prétraitement

Novembre 2013 à fin 2016 : Travaux de la file biofiltration et mise en service des installations.

Mi 2018 : Début des travaux de modernisation des équipements  de valorisation de biogaz.

Le site d’Achère est la deuxième plus grosse usine de retraitement d’eaux usées du monde, après celle de Chicago. 

Ce gigantisme a des conséquences  en termes de dangerosité du site, et l'usine a été classée Seveso Seuil Haut en 2010.

 
SEINE AVAL seveso Seuil Haut

Il existe plus de 1300 sites Seveso en France métropolitaine en 2019, et on dénombre 705 sites Seveso classés seuil haut. (en violet sur la carte)  Seuil bas (en orange)

 

40 000 accidents allant de l'incident à la catastrophe sont recensés dans la base du ministère de la transition écologique appelée Aria.

L'usine Seine Aval est donc une usine à risques, classée Seveso Seuil Haut depuis 2010. 
Les risques industriels (hors pollutions) identifiés sont de plusieurs natures :

 

  • Les effets toxiques 

      Déplacement et dispersion d'un nuage toxique de Chlore dans l’air, en fonction de la densité du produit et des conditions météorologiques. Une évaluation de l'impact d'un tel nuage de Chlore a été réalisée dans le cadre de l'enquête publique sur le PPI de l'usine : pour un vent moyen de 10 Km/h, la zone impactée par cette dispersion de gaz est évaluée à 2 Km autour de l'usine. Les communes de Herblay-sur-Seine, La Frette-sur-Seine et Maisons-Laffitte seraient donc directement touchées.

       Conséquences sur les personnes : Elles dépendent de la toxicité de la substance, de la dose reçue et de la voie d’exposition. Pour le nuage de Chlore, les conséquences sur les personnes ont été évaluées, et il ressort que 50% de la population dans un rayon de 2 Km serait victime de lésions pulmonaires irréversibles.

  • Les effets thermiques

       La réserve de biogaz issue du traitement des eaux usées, pour les besoins énergétiques de l'usine Seine Aval est un des risques importants de l'usine. Le risque d'explosion de cette réserve de biogaz pourrait avoir un effet thermique localement.

       Conséquences sur les personnes  : brûlures sur les intervenants dans l'enceinte de l'usine.

  • Les effets de surpression

       Le risque d'explosion du stockage du biogaz pourrait aussi avoir un effet de surpression sur toutes les zones riveraines de l'usine, sur un rayon de plusieurs km. A ce jour, aucune évaluation précise du périmètre d'impact d'une telle explosion n'a été réalisée par les pouvoirs publics.

       Conséquences sur les personnes : destruction des installations dans l'enceinte de l'usine, destruction des maisons et immeubles riverains, effets de surpression sur tous les équipements extérieurs, blessures dûes aux effets de souffle sur toutes les personnes présentes dans la zone impactée (dans l'enceinte de l'usine et pour les riverains).

Périmètre de dispersion du nuage de Chlore (évaluation faite dans le cadre du PPI de Seine Aval, en Oct 2019)

Il y a 3 directions des pouvoirs publics sur les Yvelines qui 'surveillent' l’usine Seine Aval, et son gestionnaire, le SIAAP :

  • La DRIEN, la police des risques sur l'environnement, en charge de la conformité de traitement des eaux usées et de leurs rejets dans la Seine,

  • La DRIEE, la police des risques industriels, en charge de la conformité de la sécurité de l’usine Seveso Seuil Haut, 

  • L'inspection du travail, en charge de la conformité des conditions de travails des salariés du SIAAP.

La DRIEE 78, c'est un effectif de 28 personnes, dont 12 inspecteurs (une inspectrice référente pour l'usine Seine Aval).

Sur les Yvelines, la DRIEE surveille 5 usines Seveso Seuil Haut, 6 usines Seveso Seuil Bas, 400 établissements en risques majeurs, et 2500 établissements soumis à autorisation de mise en exploitation. La DRIEE assure aussi le service des mines.

Le rythme des visites spécifiques sur l'usine Seine Aval, est donc limité à une visite de contrôle par an, quelques visites systématiques à chaque incident de sécurité, et à une visite à chaque remise en production d'une installation après des travaux importants.

Les moyens de la DRIEE sont donc limités, et mériteraient d’être renforcés au regard du nombre d’installations à contrôler et des responsabilités qui lui incombent.

La DRIEE est le seul organisme public qui a un regard sur les pratiques de prévention et de sécurité du SIAAP vis-à-vis de ses obligations.

Copyright © 2020 CAPUI