Le SIAAP

Le SIAAP  - Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne

C’est un service public, dont la mission est d'essayer de dépolluer les eaux usées, les eaux pluviales et les eaux polluées par les activités industrielles de l'agglomération parisienne.

 

L’eau est ensuite rejetée dans la Seine et la Marne.

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Couvrant un territoire de 1 800 km2, le SIAAP traite chaque jour près de 2,5 millions de m3 d’eaux polluées, grâce à 1700 agents.

 

Le Siaap regroupe 6 usines en Ile de France. L’usine Seine Aval (Achères) est la plus importante, et traite environ 1,5 million de m3 / jour. Elle est suivie par l’usine de Valenton : 600 000 m3/j, puis Triel-sur-Seine : 300 000 m3/j et Colombes : 240 000 m3/j.

Ses MISSIONs
 

Le SIAAP, avec un budget annuel d'1.3 milliards euros, lance chaque année environ 600 millions d'euros de marchés publiques. Ce qui en fait un donneur d'ordre de premier plan dans le domaine de l'environnement. On notera que 3 dossiers de malversations sont en cours d'instruction (voir à ce sujet le reportage L’eau : scandale dans nos tuyaux (pltv.fr))

Transporter l'eau depuis les égouts jusqu'aux stations d'épuration

À la sortie des égouts communaux et départementaux, le SIAAP prend le relais et transporte les eaux usées jusqu’à ses usines par son propre réseau de canalisations – appelées "émissaires" – constituant un réseau souterrain de 440 km.

 

Stocker : la problématique des eaux de pluie

Le réseau collecte indistinctement les eaux de pluie, les eaux usées, et les eaux polluées par les activités industrielles. Avec l’urbanisation et l'augmentation des surfaces goudronnées, le volume d'eaux pluviales à traiter peut augmenter brutalement (jusqu'à +2 millions de m3 !), provoquant la saturation du réseau et des débordements chargés de pollutions multiples.

Pour limiter ce risque, le SIAAP s’est doté de 8 bassins de stockage et de 4 tunnels réservoirs, d’une capacité totale de près de 900 000 m3. Ces équipements stockent les eaux durant les intempéries avant de les acheminer jusqu’aux usines pour essayer de les traiter après le retour de la météo à la normale.

Malheureusement, au-delà de cette capacité, et pour éviter que nos villes ne soient inondées par les eaux des égouts en cas d’orage, des tuyaux de déversement vers la Seine ont été mis en place dans toute la région parisienne pour délester les réseaux de collecte (ainsi, par exemple, il existe 57 tuyaux nommés "déversoirs d’orage" (DO) entre Nation et Pont de Suresnes). En cas d’orage fort, les eaux polluées mélangées aux eaux pluviales sont rejetées dans la Seine.

Gérer le réseau

Ce réseau est piloté 24h/24 par le modèle informatique MAGES synthétisant en temps réel les informations sur les flux. En y agrégeant les prévisions de Météo-France, MAGES essaie d'anticiper l’évolution de la situation afin de proposer des scénarios d’optimisation de la gestion du réseau en cas de crise.

 

Dépolluer les eaux usées

Le SIAAP traite chaque jour près de 2,5 millions de m3 d’eaux usées dans ses 6 stations d'épuration en Ile-de-France, même si la majeure partie arrive à Achères.

Volumes : 

  • Eaux usées domestiques : 85 % des volumes

  • Eaux usées industrielles : environ 5 % des volumes, mais qui peuvent être extrêmement polluées

  • Eaux pluviales : très variable selon la météo.

 

Depuis l'incendie de l'usine de Clarifoculation d'Achères en juillet 2019, la capacité maximum de traitement a été très largement diminuée. Les risques de pollution directe de la Seine sont réels par temps d'orage, en particulier à la fin de l'été.

Valoriser - Faire du déchet un "produit"

La dépollution des eaux usées génère des résidus appelés "boues d'épuration", à hauteur de 400 g de boues par m3 d'eau traitée. Ces résidus sont constitués principalement d’éléments minéraux et organiques (phosphore, azote et carbone).

Dans une logique de développement durable, le SIAAP exploite leur valeur :

  • agronomique, sous forme d’engrais

  • énergétique, sous forme de combustible

  • matière, sous forme de remblai de construction

Cette transformation est désignée par le terme "valorisation".

À Seine aval, la technique de "digestion" produit une source d’énergie verte appelée "biogaz" fournissant 70 % des besoins énergétiques de l’usine. Après l’étape de déshydratation, 60 % des boues sont valorisées en amendement agricole.

Toutefois, on remarquera que les boues peuvent être également constitués d'éléments très polluants, d'origine industrielle la plupart du temps, nécessitant alors leur élimination par des traitements spécifiques (incinération, enfouissement...).

Ces boues ont également été à l'origine d'incendies, très difficilement contrôlés par le SIAAP, provoquant alors l'inquiétude des populations.

SA gouvernance
 

Le SIAAP est à la fois une entente et une entreprise publique créée en 1970 par 4 départements de la petite couronne (Paris, Hauts-de-Seine,  Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), pour assurer le transport et le traitement de leurs eaux usées vers Achères, commune située à la limite de deux autres départements : les Yvelines, et le Val d'Oise.

Le SIAAP est administré par 33 conseillers départementaux désignés par les 4 départements l'ayant créé. Ces élus composent le conseil d'administration, l'instance qui délibère sur les décisions engageant l'avenir du SIAAP et qui fixe ses orientations, dont la mise en œuvre est pilotée par la direction générale.

Aucun élu du Val d'Oise, ni des Yvelines, pourtant pleinement concernés puisque subissant les nuisances, n'est présent dans cette instance.

Par la suite, 180 communes des départements du Val-d'Oise, de l'Essonne, des Yvelines et de la Seine-et-Marne ont rejoint cette entente, sans obtenir la désignation de représentants pour leurs départements.

Cette gouvernance, qui n'implique pas tous les départements envoyant leurs eaux polluées, et qui de plus exclut les départements recevant ces eaux, est depuis longtemps critiquée, y compris par la chambre régionale des comptes, et la commission nationale du débat public, dans les années 2000.

En 2019, suite à l'incendie gravissime de l'usine de Clarifoculation à Achères, Mme WARGON, alors Secrétaire d'état auprès du ministre de la transition écologique, ainsi que le préfet de région annoncent vouloir faire évoluer la gouvernance. Des actes sont attendus par le Capui.