Incendie du 3 juillet 2019 : Point de situation 1 an après.

Dernière mise à jour : févr. 18

Le Siaap vient de publier un communiqué intitulé « Point de situation un an après » concernant l’incendie du 3 juillet 2019 (voir ici). Sécurité, Pollution, Prévention des risques, le Capui revient à son tour sur la situation :


Causes de l’incendie :

Pour la première fois, le Siaap confirme publiquement que l’incendie du 3 juillet était d’origine électrique*, et que la propagation rapide et non contrôlée était due aux matières présentes : Cuves en résine stratifiée et passerelles en matériaux composites.

Le Capui souligne que les cuves en question étaient faites pour contenir du Chlorure ferrique

Produit non inflammable, mais qui peut provoquer un dégagement toxique en cas d’incendie, qui est corrosif, dangereux en cas de contact avec la peau, avec les yeux, ou en cas d’inhalation, et donc bien sur nocif pour les organismes aquatiques (ref : https://www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr/content/download/14053/95029/file/Chlorure%2 0ferrique.pdf et https://static.mediapart.fr/files/2019/09/25/chlorure-ferrique-fds-1.pdf )

Aucun moyen de détection du départ de l’incendie, ni de son extinction automatique n’étaient prévus pour limiter les risques de propagation et d’extension aux autres installations de l’usine.

Le Capui note que l’on ne sait pas exactement quel équipement électrique a provoqué l’incendie. Et qu’aucun moyen de détection du départ de l’incendie, ni de son extinction automatique n’étaient prévus pour limiter les risques de propagation et d’extension aux autres installations de l’usine.


Pollution de la seine et mortalité des organismes aquatiques :

Selon le Siaap, la mortalité des poissons et autres organismes aquatiques était principalement due au manque d’oxygène lié au rejet massif d’eaux non traitées (puisqu’une partie de l’usine était hors service).

L’usine peut traiter habituellement 45 m3 /s, mais ce chiffre était tombé à 17 m3 /s après l’incendie. Le débit a depuis, pu être augmenté à 24m3/s, ce qui est toujours insuffisant pour éviter une nouvelle pollution, en cas de forte pluie.

Diverses actions ont été ou vont être menées pour tenter de limiter l’impact sur la Seine et les organismes aquatiques :

  • Mise en place d’équipements diffusant de l’oxygène dans la Seine. - Rempoissonnement à l’automne 2020

  • Évolution de l’entretien (élagage et curage), aménagements additionnels (émergence de blocs, reconnexion entre frayères) et réalisation d’une zone refuge à partir de 2021


Le Capui note que les risques de pollution vont perdurer pendant encore de longues années, le temps que les installations endommagées soient reconstruites. Les actions qui vont être menées ne permettent que de limiter les impacts de ces pollutions, que les riverains, la faune et la flore en aval de l’usine vont continuer à subir régulièrement.


Sécurité des sites :

C’est un point relativement absent de ce communiqué. L’audit de sécurité commandé par l’état et qui devait être livré en juin 2020 est en retard et devrait arriver en septembre.

Le Siaap parle d’un plan d’action « déjà décidé » mais n’en dit rien. Il y a pourtant beaucoup de questions en suspens, et qui inquiètent les riverains qui ont l’impression que peu de choses ont été faites pour améliorer la sécurité dans les autres bâtiments depuis 2019.

Comment un tel incendie a-t-il pu se propager aussi rapidement dans une usine Seveso Seuil haut ?

Il y a vraisemblablement des manques en matière de prévention et de moyens techniques pour éteindre l’incendie de façon automatique.

Quelles actions ont été menées ou vont être menées dans les autres bâtiments ?

Le délai d’intervention des pompiers des Yvelines ou du Val d’Oise a été relativement long, et il n’y a aucun moyen de lutte contre les incendies sur place qui puissent être déclenché par la sécurité du Siaap.

Quelles actions ont été menées pour que les équipes de sécurités du Siaap puissent intervenir immédiatement, ou pour que les pompiers soient sur site plus rapidement avec les moyens d’intervention à la hauteur des risques ?

Pourquoi l’alimentation en eau destinée aux pompiers pour éteindre l’incendie a-t-elle été défectueuse ?

Quelles actions vont être menées pour vérifier que ce problème ne se produira pas en cas d’incendie dans les autres bâtiments du Siaap ?

Un point positif est la prise en compte de la dangerosité du chlorure ferrique à cet emplacement.

La nouvelle usine disposera de cuves de Chlorure ferrique dans un bâtiment séparé. Le Capui s’interroge sur la dangerosité de ce produit et de son usage en grande quantité dans cette usine. N’y a-t-il pas d’autres procédés qui pourraient se substituer à l’usage du Chlorure ferrique, et qui diminueraient les risques encourus par tous les riverains de l’usine et par les salariés du site Seine Aval ?


* jusqu’à maintenant, cela était uniquement évoqué lors de réunions avec différents organismes d’état (préfectures, villes), mais en attente de confirmation suite à l’audit.

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